Retour #13 : Vienne

Famille, Voyages

Vienne est baignée de soleil en ce doux après-midi de septembre. Pas un nuage dans le ciel, les touristes se pressent au Palais de Schönbrunn et nous avec.

dav

Tout est bien organisé pour une visite cadencée des appartements et des bureaux de l’Empereur François-Joseph et sa célèbre épouse Sisi. Ici, pas de queue, pas de bousculade. Ça nous change du Kremlin. L’heure sur le ticket est indiquée à la minute près, les audioguides, gratuits et débités à la chaîne permettent de rythmer la visite et éviter que les visiteurs ne s’éternisent dans les salles aux lambris d’or et à la porcelaine raffinée. L’empereur François-Joseph était un travailleur acharné et disait que tout le monde devait travailler jusqu’à l’épuisement. L’Impératrice aimait beaucoup voyager et ne passait pas beaucoup de temps au palais même si son époux disait être fou amoureux d’elle. On imagine les repas de famille autour de la grande table de la salle à manger, dressée comme si la famille impériale allait s’attabler d’une minute à l’autre. La grande galerie dorée et ornée de lustres à souhait a servi aux discussions entre Kennedy et Khrouchtchev au début des années 60. Des lieux chargés d’histoire où on devine à travers le raffinement des salles et les cartes exposées à certains endroits toute la puissance de l’Empire Austro-Hongrois des Habsburgs. Dans une des salles, une galerie de portraits de tous les enfants de l’Impératrice Marie-Thérèse, dont Marie-Antoinette.

Le musée des enfants, dans une des ailes du palais est en revanche complètement vide. Pourtant, la vie des princes et princesses enfants y est présentée sous toutes ses facettes pour intéresser les enfants, comme on sait si bien le faire dans les pays germaniques. La journée-type, les repas, les jouets, les leçons, tout est détaillé dans une enfilade de salle très bien décorées.

Dehors, le parc est magnifique, inondé de la lumière de l’après-midi finissante. Après un petit tour au labyrinthe végétal et à l’aire de jeux, nous gravissons la pente vers la Gloriette, majestueux pavillon sur une colline faisant face au Palais. La vue sur les jardins, Schönbrunn et Vienne derrière y est magnifique. Des visiteurs de tous les pays sont assis sur l’herbe et contemplent la vue, on entend parler toutes les langues. Quelques coureurs profitent également de la douceur des températures. Le soleil a disparu derrière les arbres de la colline mais quelques rayons découpés par les nuages subsistent et donnent aux statues une teinte légèrement dorée. Les marchands de glace ramènent en triporteur ce qu’il reste de leur marchandise. C’est l’heure de rentrer pour nous aussi. Le métro est presque aussi propre et bien entretenu que celui de Tokyo, en moins étroit. Il est 21h, l’heure de se coucher pour notre dernière nuit du voyage.

Après un bon petit déjeuner à la gare, nous embarquons à bord de l’ICE (le TGV allemand) à destination de Francfort. Plus de compartiment, plus de samovar, plus de provodnitsa. Les sièges sont confortables et le Wi-Fi permet de se connecter à l’Internet ou de regarder un des films proposés à bord. Le train démarre et file à travers la campagne de Basse Autriche. En un peu plus de trois heures, nous avons traversé le Danube et sommes en Bavière. Les collines où se serrent les maigres et hauts conifères alternent avec les champs de maïs ou les pâturages. Les clochers à bulbe, typiques du sud de l’Allemagne sont plantés au milieu des villages. La voie longe et traverse le Danube à plusieurs reprises. Après Ratisbonne, Nuremberg et Wurzbourg, notre train arrive à Francfort, dans l’immense gare grouillant comme à son habitude de gens de tous les coins du monde. Derrière, on aperçoit les gratte-ciel de la capitale de l’Euro. Nous ne restons qu’une heure, juste le temps de manger une saucisse et d’acheter deux Ritter Sport, les célèbres tablettes de chocolat fourrées, vantées à force de grands panneaux publicitaires partout dans la gare.

DSC_2276

Le TGV pour Paris se remplit à Mannheim et Karlsruhe et nous traversons le Rhin au soleil couchant. L’écran affiche 307 km/h et on se dit qu’on est bien loin des 80 km/h du début de notre voyage quand nous longions le Pacifique au départ de Vladivostok. Il fait nuit noire quand nous approchons de Paris et en sortant du train, nous voyons les premières affiches publicitaires en français depuis douze semaines ! Dans le métro ligne 4, les gens viennent de partout, on entend parler différentes langues. Comme Tokyo, Séoul ou Moscou, Paris est aussi une grande capitale…

dav