Retour #11 : Moscou

Famille, Voyages

Nous arrivons à Moscou en milieu d’après midi et la température affichée est de 29°! Nous sommes tout contents après le froid de la Sibérie. Les enfants sont ravis de notre logement moscovite, plein de petites pièces et décoré avec une exubérance de couleurs et de meubles disproportionnés. Nous sommes dans l’ambiance!

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Après une bonne nuit, nous voilà partis à la découverte du Kremlin. Et là, c’est le choc : des hordes de touristes en groupe, venus de partout, mais surtout de Chine. Ca nous change beaucoup! Le kremlin est la forteresse historique de Moscou, siège du pouvoir russe depuis le XVème siècle environ. A l’intérieur des remparts, des églises, le siège du pouvoir actuel et le Palais des armures, qui contient les trésors nationaux hérités des tsars. A l’extérieur, la place rouge, avec la Cathédrale de Basile le Bienheureux, flanque l’enceinte du Kremlin. En face de l’enceinte de briques rouges, de l’autre côté de la place, un immense bâtiment, digne d’un palais ou d’un siège de gouvernement, est en fait GUM, un grand magasin moscovite, à l’image du Bon Marché ou de la Samaritaine d’antan, construit il y a plus d’un siècle.

Derrière la cathédrale Basile le Bienheureux, le regard porte loin et la variété architecturale de Moscou saute aux yeux, avec pour point de mire les gratte-ciel de Staline, sorte d’immenses cathédrales de bureau dont le sommet fait penser à la pointe de l’Empire State Building de New York, à la seule différence près qu’une étoile est posée dessus. Au Kremlin comme ailleurs, les signes et monuments de l’Union soviétique sont toujours là, au milieu d’une place ou sur la façade d’un bâtiment, dans les couloirs du métro ou au coin d’une rue, le marteau et la faucille, le soldat et l’ouvrier, l’étoile rouge, peints, sculptés, gravés ou en mosaïque, ils ne dérangent visiblement ni les clochers dorés et leurs croix orthodoxes, ni les aigles à deux têtes, emblèmes de la Russie des tsars et d’aujourd’hui.

Lors de la visite du Palais des Armures, nous admirons les trésors d’orfèvrerie des tsars, des évangéliaires recouverts de pierres précieuses et de fils d’or torsadés en motifs délicats, des brûle-parfums en forme de château perché sur un rocher, des fontaines à vin ou à eau, des vases… tout est doré, argenté, recouvert de pierres précieuses. Nous apprenons comment les modes se sont succédées, les Allemands reprenant le marché aux Anglais avec des formes baroques, puis les Français prennent le dessus, d’abord avec un style classique, aux formes simples et aux lignes droites qui tranchent avec le baroque allemand. Et enfin c’est le style Empire qui domine, avec ses motifs influencés par l’antiquité.

Dans une autre salle, des carrosses exposés montrent le détail des sculptures de bois recouvertes d’or et l’évolution des techniques d’amortissement. L’un des carrosses est en fait un traineau et était tiré par 23 chevaux, ce qui a permis à Catherine II de faire le voyage Saint-Pétersbourg – Moscou en trois jours seulement.

Dans une autre partie, un fond de diamants est présenté : la Russie est le premier producteur mondial de diamants. C’est impressionnant, des pépites d’or énormes, des diamants partout, des pierres précieuses, brutes ou taillées, montées en bijoux ou en petits tas en forme de carte de Russie ou de modèle de taille de diamant. Les enfants écoutent religieusement l’audioguide. Ils apprécient particulièrement le chapeau en rubis, or et diamants de la poupée dilapidatrice.

Le jour suivant, il pleut et il fait froid, ce qui nous freine beaucoup dans notre exploration de Moscou. Nous passons quand même dans la « City », admirer les nouveaux gratte-ciel qui font penser à la Défense, leur grand centre commercial au milieu, et plus loin, un de ceux de Staline. Puis nous montons dans un tramway pour découvrir Moscou au hasard.

Dans les métros, impressionnants par leur taille et la variété de leurs lustres et de leur décoration, des mosaïques ou des peintures louent le travail de la terre, le sport, les sciences, Lénine.

Il est déjà temps de quitter cette capitale aux facettes si diverses. Loin de l’image de ville froide, austère et peu accueillante que nous nous faisions, nous avons trouvé une richesse architecturale inattendue, où le néo-classicisme semble avoir été poussé à ses limites, le style soviétique n’a pas été avare en ornementations à outrance non plus à l’image des stations de métro. Quant à l’ère post-soviétique, on dirait que le mauvais goût « nouveau riche » a vite laissé la place à des immeubles au style audacieux comme cette tour « vrillée » au milieu de la City.

On y trouve tous les attributs des grandes capitales européennes de la jeunesse habillée à la dernière mode, aux quartiers de luxe où se bousculent les belles voitures, en passant par les couloirs de métros grouillant de personnes de tous âges et de tous horizons, les embouteillages dans les immenses avenues. Nous n’avons passé que trois jours à Moscou et la quittons avec l’impression de n’en avoir vu qu’une infime partie.

Pour notre trajet Moscou Kiev, les places en seconde classe étant trop chères, nous sommes en dortoir et l’ambiance est bien différente. Des groupes de 4 couchettes sont séparés par des cloisons, perpendiculaires au sens de la marche, et de l’autre côté du passage, deux couchettes superposées sont disposées dans le sens de la marche. Celle du bas se transforme en petite table et sièges pour deux personnes. Tout le monde se couche tôt, nous suivons le mouvement.

Vers 22 heures, nous passons le point de contrôle russe. Ils fouillent un de nos sacs avec minutie, allant jusqu’à rouler les crayons de couleurs dans leur boîte et inspecter l’aquarelle. Notre voisin subit le même traitement. Etre en dortoir permet de se sentir moins seul face aux uniformes. Un gros chien passe ensuite, reniflant bruyamment tous nos bagages. Puis une armada de fonctionnaires débarquent dans la voiture pour vérifier les passeports, il faut tourner les enfants endormis pour que les dames voient leur visage.

Deux heures après, c’est au tour des Ukrainiens. L’officier qui nous contrôle est sec, il nous demande où nous allons et inspecte minutieusement tous les passeports, mais ne nous demande pas de réveiller les enfants qui sont tournés du bon côté. Et il laisse tranquille nos bagages. Un petit chien rigolo passe, lui réclamant des caresses au passage, il n’est clairement pas en train de travailler.

Nous débarquons à 5h du matin à Kiev, et quittons aussi silencieusement que possible la voiture endormie.

Retour #10 : Ekaterinbourg – Moscou

Famille, Voyages

Cette fois, nous avons un wagon tout neuf, moderne, à la pointe de ce qui se fait en terme de train de nuit. Notre enthousiasme est sans borne et notre seule tristesse est de n’y passer que 26 heures… Ah, si seulement nous avions eu cette cabine pour le tronçon précédent!

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Deux prises électriques dans la cabine, 4 prises USB, des petits placards dissimulés dans les appuis-tête, une grande table rabattable, des vrais sièges, … la liste est longue des améliorations apportées à cette génération de trains couchettes. Dans le wagon, le samovar est également modernisé et les toilettes dignes d’un avion! Un panneau affiche en temps réel les températures extérieure et intérieure, ainsi que l’heure locale (nous traversons deux fuseaux horaires, on rattrape peu à peu notre décalage d’avec Paris). La nuit est calme (enfin, pour nous, parce qu’à côté, bébé Natasha met l’ambiance…), le train est stable et bien insonorisé.

Dehors, c’est le retour des feuillages d’automne dont on ne se lasse pas.

Et des arrêts dans les gares avec la sempiternelle locomotive historique, la cigarette et l’achat du repas suivant. Nous traversons des villes de plus en plus grande, avec des gares imposantes et des barres d’immeubles colorées.

Mais aussi des petits villages, avec toujours le promeneur incongru, perdu au milieu de nulle part, qui longe les voies ou s’éloigne vers la campagne vers un but indéterminé.

L’Asie, c’est bien fini, nous sommes désormais officiellement dans l’Europe géographique.

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