Retour #4 : Komsomoslk-na-Amur – Tynda

Famille, Voyages

Cette fois, nous resterons deux nuits dans notre petite cabine. Nous ne sommes pas nombreux dans notre wagon. Les paysages sont magnifiques et le temps passe vite, à regarder par la fenêtre, à jouer à des jeux de société, à lire ou dessiner. On prend nos petites habitudes, avec la nappe pour les repas, les lits avec les couettes biens chaudes et les futons confortables pour dormir.

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Les paysages changent, l’automne s’annonce franchement, avec des couleurs plus marquées. Les arbres sont d’un superbe jaune avec encore quelques touches de verts clairs et déjà du orange et du rouge.

Ils sont petits et sombres de troncs, comme si quelques années auparavant tout avait brûlé. On apprendra plus tard que c’est le cas, des centaines de milliers d’hectares ont brûlé en 2013.

Le train s’arrête dans des petites gares improbables et essentiellement des hommes seuls en descendent ou y montent. Ce sont des bûcherons venus pour y travailler. Du train, on assiste à des scènes de séparation ou de retrouvailles entre les familles, ou entre un bûcheron et une employée des chemins de fer russe.

Pour les repas, c’est toujours les pâtes et les purées instantanées, avec du pain et du fromage, et quelques fruits ou concombres quand on en trouve. Et du thé et des tisanes toute la journée!

On arrive à Tynda tôt le matin et sous la pluie…

Retour #3 : Komsomoslk-na-Amur

Famille, Voyages

Le lendemain, après une bonne nuit bien reposante pour nous, moins pour les enfants qui ont dormi à trois dans le grand lit, nous partons à la découverte de Komsomolsk. Les avenues sont larges, les bâtiments pastels et un peu délabrés. Pourtant les bords du fleuve Amour, par un beau soleil, doivent avoir beaucoup de charme.

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Nous traînons un peu à l’hotel, le petit déjeuner ne devant être servi qu’à 11h, et les enfants sont ravis de jouer avec des chatons : Komsomoslk est élue étape favorite!

Après un super petit déjeuner, nous partons à la découverte de cette ville qui semble immense, avec de larges avenues, des bâtiments variés, certains dans un style rappelant l’Europe de l’Est, avec des façades travaillées et des couleurs pastels, et d’autres de l’époque soviétique, hauts et sobres. Les tramways sont brinquebalants et semblent avoir fait leur temps. Nous prenons un bus pour le centre et commençons par visiter le Musée de l’Histoire de la Ville. Des dames nous accueillent et nous guident dans les salles les unes après les autres, dans un ordre bien précis. Dans chaque salle, nous sommes surveillés comme le lait sur le feu.

On découvre dans une première salle les cadeaux qu’à reçu la ville, et notamment la combinaison d’un cosmonaute. Dans une autre salle viennent la faune et la flore de la région avec des dioramas fait d’animaux empaillés. La dame de la salle est très fière de nous montrer son coin interactif : une balance permettant de se peser en lièvre polaire, en ours, en grenouille ou en hibou. Dans cette salle, des maisons des premiers pionniers et des tribus locales ont été reconstituées, avec une grande peinture montrant l’arrivée des premiers russes, un peu à la manière des aventuriers de l’Ouest américain. Ensuite, une autre salle met en valeur tous les accomplissements industriels et économiques de la ville avec un résumé de l’histoire russe de 1945 à 1990 en 2 minutes 30. Une dernière salle met l’accent sur l’artisanat local, et notamment les broderies des tribus locales.

C’est assez sympa, mais quand nous sortons, il pleut et il fait très froid. Nous marchons quand même jusqu’au fleuve Amour, en traversant un immense parc dont l’aire de jeux fait le bonheur des enfants.

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On passe aussi devant ce qui doit être l’université devant une place impressionnante.

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Le fleuve Amour a une largeur telle qu’on croirait un lac, on jette également un coup d’œil à une statue faisant honneur aux travailleurs, mais le froid et la pluie ont raison de nous et nous filons en tramway voir une jolie petite église avant de rejoindre la gare pour prendre notre train.

Le temps de se ravitailler en nouilles chinoises, et nous sommes prêts pour notre second tronçon : Komsomoslk – Tynda.

Retour #2 : Vladivostock – Komsomolsk sur l’Amour

Famille, Voyages

Nous découvrons le transsibérien, ses cabines et son samovar. Première nuit en train et premier anniversaire : notre dernière à 6 ans! Nous prendrons le trajet du transsibérien jusqu’à Khabarovsk, puis bifurquerons vers le Nord, vers Komsomolsk-na-Amur, sur le trajet de la BAM (Baïkal-Amur-Magistrale), qui relient les villes du Nord du lac Baïkal à Moscou. Sur ce trajet, la ligne n’est pas électrifiée dans la première partie, et les rails ne sont pas soudés, ce qui donne le son caractéristique des voyages en train de  notre enfance…

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Nous découvrons aussi le rôle de la Provodnitsa, en quelque sorte la concierge du train. En plus du contrôle des billets à quai qu’elle effectue scrupuleusement en vérifiant si les données indiquées sur son listing correspondent bien à celles du passeport (nom, prénom, sexe, date de naissance, nationalité, numéro du passeport), elle distribue les draps et serviettes, les tasses pour le thé, s’assure de la propreté de sa voiture et la nettoie régulièrement, assure la vente de nourriture, de boissons et de souvenirs, rappelle l’heure aux voyageurs descendus fumer une cigarette aux arrêts et ferme la porte à chaque départ. Dans chaque train voyagent également un technicien et trois policiers, deux jeunes en uniforme et un dernier un peu plus âgé, souvent à la carrure moins sportive, en civil. Ils occupent un compartiment à côté du nôtre et sont relevés aux grandes gares. Le technicien et les Prodnovitzas restent, eux, pendant tout le voyage.

Peu après le départ, les policiers reviennent avec deux hommes, dont l’un est un peu éméché et énervé. Ils les asseyent dans leur compartiment. Pendant l’heure qui suit, l’un des deux hommes semble protester contre le sort qui lui est réservé en vociférant, parfois en rigolant à voix haute. L’ambiance se calme un peu, puis ça repart de nouveau, si bien qu’au bout d’un certain temps le ton monte un peu plus et l’homme se retrouve plaqué au sol, à plat ventre avec les mains menottées dans le dos… au beau milieu du couloir. A la gare #d’Ussurisk, on le voit partir sur le quai avec son sac, les mains libres, suivant de loin deux autres policiers qui ne semblent pas trop se soucier de lui. Les policiers font régulièrement des rondes dans le train et on sent que la sécurité est prise au sérieux sur le Transsibérien. Lorsque la voie passe sur un long viaduc, on aperçoit à proximité un poste d’observation avec un soldat lourdement armé et des chiens.

La voie longe la côte occidentale de la péninsule. Il s’agit d’une voie double, électrifiée mais le train ne roule pas très vite. De la fenêtre on aperçoit le bord de mer avec par endroits des gens qui se baignent. Le soleil décline lentement et la lumière est douce. Les gens profitent de l’été qui touche à sa fin mais qui offre encore de belles journées aux températures très agréables. Deux Coréennes occupent la cabine à côté de la nôtre, elles se rendent à Khabarovsk pour regagner Séoul en avion. Une femme avec son garçon qui sait à peine marcher monte un peu plus loin, elle passera la nuit dans le compartiment également, s’efforçant de calmer son petit chaque fois qu’il se réveille. Un couple et leur bébé monte le lendemain.

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Le matin aussi, dès le petit déjeuner, nous fêtons l’anniversaire de notre benjamine. Elle a choisi son gâteau, des pâtes de fruits en forme de poissons dans lesquelles nous plantons ses bougies. Pas facile de les souffler, mais elle finit par y arriver! Quelques petites figurines comme cadeaux, de la pâte à tartiner au chocolat, du jus de raisin/pomme : elle est comblée ! La journée passe très vite à jouer et dessiner, et à regarder le paysage qui change, les personnes qui montent et qui descendent.

Arrivé à Komsomolsk, la Provodnitsa ne nous laisse pas partir comme ça : où est ce que nous allons dormir, comme allons-nous y aller, les questions fusent! Et comme on ne se comprend pas très bien, elle nous rattrape à la consigne avec une dame anglophone pour s’assurer que nous ne sommes pas perdus dans la nature… Nous lui assurons que nous prendrons le tramway 5 pour rejoindre notre hôtel. Rassurées, elles nous laissent partir, nous voyant sûrs de nous.

Peu de temps après notre arrivée à l’arrêt de tramway, nous apprenons qu’il ne passera pas. Qu’importe, nous irons à pied, il ne s’agit que de 4 kilomètres environ, ça nous dégourdira les jambes après ces dernières 24 heures en train.

Sauf que nous nous perdons, que la nuit tombe, qu’au bout de trois kilomètres, nous nous apercevons que notre dernière a oublié son sac à dos avec tous ses jouets (dont ses cadeaux d’anniversaire) à l’arrêt du tramway, et que nous n’avons plus de batterie dans le téléphone qui a la carte de la ville…

Petit moment de désespoir, on monte dans un tramway un peu au hasard, et on finit par se retrouver. Après la traversée d’un pont truffé de trous en l’absence de plaque d’égouts, nous arrivons enfin dans notre hôtel! Nous aurons mis 2 heures et demi pour faire les 4 kilomètres, mais les enfants sont ravis par la chambre qui a des variateurs de lumières, et le repas du soir est délicieux!

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