Réflexion #2 : Eduquer

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Au moment d’avoir des enfants, nous nous sommes demandés quelle éducation nous voulions leur donner. Pendant un temps, nous nous sommes dit que l’écoute devait être notre priorité, pour que nos enfants se sachent entendus et apprennent à leur tour à s’écouter eux-même et à écouter attentivement les autres. Et puis le mot « éduquer » avait quelque chose de plus en plus de l’ordre du dressage et de moins en moins de l’ordre de l’épanouissement de l’enfant, en tout cas dans mon esprit.

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L’année dernière, lors d’une formation parentale à l’Eglise Saint Ignace chez les Jésuites, le prêtre a souligné l’étymologie du mot « éduquer » : il vient des mots latins educare et educere ou ex ducere, et signifie « envoyer vers », « guider hors », « faire sortir », « élever ».

Lorsque que nous voyagions en Asie, j’ai été prise de culpabilité vis à vis des enfants, de les traîner de temples en temples, de les faire marcher, de suivre notre programme, nos envies, et pas forcément les leurs, en tout cas pas autant qu’ils  le souhaiteraient.

Puis je me suis souvenue de ce que ce le père Miguel avait dit, qu’il fallait que notre regard porte au delà de nos enfants, que notre horizon soit lointain pour pouvoir les envoyer dans un monde vaste et plein d’opportunités et de choix de vie.

Pendant ces trois mois, nous avons vu les enfants s’ouvrirent, apprendre à regarder le côté positif des choses et à faire face aux contrariétés matérielles. Si nous les avions écoutés, si nous avions répondu à leurs besoins exprimés, ils n’auraient sans doute pas eu autant d’occasions de prendre sur eux et de découvrir leurs propres ressources.

Et parce que nous étions loin de tout et isolés des distractions quotidiennes, nous avons été attentifs à eux et disponibles pour les accompagner et leur parler, les écouter et faire les pauses nécessaires. Nos relations s’en sont trouvées grandies.

Notre voyage a eu ses hauts et ses bas, ses grands moments de joies et ses périodes de désolation et d’énervement, mais en tout cas, il nous a tous sorti de notre zone de confort, et c’est comme ça qu’on a tous grandi.

Maintenant, il va falloir continuer sur notre lancée dans notre quotidien parisien : trouver de nouveaux horizons !

 

 

 

Réflexion #1 : La littérature coréenne

Reflexions, Voyages

Quand je voyage dans un pays étranger, j’aime lire des romans du pays, comme une immersion dans leur état d’esprit, pour essayer de comprendre comment les individus que je vais croiser pensent, vivent. Et ce que je lis fait écho à ce que je vois, ce que je sens, ce que je touche. Mes lectures renforcent mes expériences physiques et vice versa : voir les paysages décrits, les activités détaillées me permet de mieux comprendre mes lectures.

Sauf en Corée.

Quand nous sommes arrivés à Busan, dans le premier bus dans lequel nous sommes montés, le chauffeur s’est assuré gentiment que nous étions dans le bon bus, et le seul autre passager s’est assuré également que nous savions où descendre. Partout les gens nous parlaient plutôt gentiment.

Et dans mes lectures, ce n’était que pression et manque d’empathie.

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J’ai commencé par La végétarienne, de Han Kang, qui raconte la dérive d’une femme qui commence par arrêter de manger de la viande et finit par se prendre pour un arbre, se heurtant violemment à sa famille dans le même temps. On a le point de vue de son mari, qui est surpris que sa femme soit devenue « dysfonctionnelle », et s’en plaint à ses parents. Comme s’il pouvait obtenir quelque chose d’un service après vente pour une machine domestique défectueuse. Il finit par la quitter. On a ensuite le point de vue de son beau frère artiste, qui va l’utiliser dans une volonté de créer une œuvre, sans se poser trop de question éthique sur ses réelles facultés de consentement. Quelle est la limite entre l’art et la perversion? Et enfin celui de sa sœur, qui veut juste faire ce que la société attend d’elle, l’héroïne doit manger, coûte que coûte, peu importe au fond ses raisons de se prendre pour un arbre…

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Puis, j’ai continué avec Nos Jours Heureux, de Ji-Yong Gong, où une jeune femme d’un milieu privilégié découvre une autre réalité à travers les yeux d’un condamné à mort. (La peine de mort a été abolie en 1997). L’amour semble être la solution à tout, comme une recette magique contre les terribles erreurs des hommes, comme un baume face aux horreurs auxquelles ils doivent parfois faire face, sans remise en cause du système sociétal brutal qui peut les produire.

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Et j’ai lu aussi Ma Mémoire Assassine, de Youg-Ha Kim, l’histoire d’un tueur en série atteint d’Alzheimer, très troublant et malsain.

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Et ensuite, j’ai dévoré Notre Héros Défiguré (très mauvaise traduction, je pense, en anglais c’est Our Twisted Heros, c’est déjà plus fidèle au contenu du livre) de Mun-yol Yi. Une sorte d’histoire de harcèlement scolaire, cautionné par un professeur. Son successeur emploie de drôle de méthode pour lutter contre : il renvoie le chef qui terrorisait les gamins, mais celui-ci se met en embuscade pour tabasser les enfants sur le chemin de l’école, pour les retarder. Le maître les bat alors encore à l’arrivée pour les punir de s’être laisser faire. Jusqu’à ce que les enfants se mettre d’accord pour aller ensemble donner une bonne correction à leur ex chef. A travers le regard du héros, un jeune enfant qui va mettre beaucoup de temps à se soumettre au chef, l’auteur soulève les problématiques du silence autour des pratiques du harceleur, de la complicité de ses victimes, qui ont permis de le tenir impuni si longtemps, de la solitude de ceux qui luttent et se révoltent.

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Et le choc, ça a été de lire Bitna, sous le ciel de Séoul, de Jean-Marie Le Clézio. Dans son livre, la même phrase courte et percutante, la même brutalité des mots et des jugements, le même manque d’empathie et de tendresse. Une jeune femme arrive à Séoul et en vient à raconter des histoires à une femme atteinte d’une maladie incurable, contre de l’argent. Cette femme souffre, mais la jeune femme la trouve méchante. Elle n’essaye pas vraiment de la comprendre, elle travaille dur pour gagner sa vie tout en étudiant, n’a pas de soutien dans cette grande ville. Elle était au début chez sa tante, qui voulait qu’elle soit un modèle pour sa fille de quelques années plus jeune, mais celle-ci est un mauvais sujet qui dérive peu à peu. Encore une fois, pas d’intimité entre ces deux filles qui vont pourtant partager leur chambre, pas de tentative de compréhension, de recherche de motivations derrière les actes.

Dans Nos Jours Heureux, l’héroïne, de retour de l’étranger, raconte combien elle est frappé de la rudesse avec laquelle se parlent les Coréens. Nous n’y avons pas été confronté. Parfois les questions semblaient un peu rude, le sourire un peu moqueur (notamment pur nous demander si tous ces enfants étaient bien à nous), mais c’est surtout la gentillesse et les petites attentions qui ont dominées, comme les barres de chocolat glissées à notre dernière pendant les randonnées.

C’est là que la barrière de la langue joue à plein.

 

 

Corée du Sud #2 : Haein-Sa

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Changement complet d’atmosphère, on part pour Haein-Sa, un des temples les plus importants du pays, perdu dans un parc naturel.

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C’est loin (45 mn de train puis 1H30 de bus, avec Fangio pour conducteur, comme partout ici…), mais ça en vaut la peine : c’est là que depuis le milieu du XVIème siècle sont gardées les tablettes regroupant le canon du bouddhisme. Plus de 80 000 tablettes en bois, avec le même système de ventilation depuis plus de 500 ans. Plus de 50 millions de signes chinois gravés, prêts à être imprimés pour diffuser les paroles du Bouddha, et pas une erreur de trouvée depuis tout ce temps là ! Et c’est beau, c’est bleu, avec des dragons partout, perdu dans la végétation…

Et puis, malgré la chaleur et les pentes raides, on décide de monter en haut vers un petit ermitage, à 15 minutes, c’est écrit sur les panneaux (mais ça devait être pour les cyborgs : on a mis presque une heure!). Là haut, on trouve un magnifique sanctuaire, dédié à celui qui fut le guide de Haein-Sa, il y a quelques années. Des petits pavillons s’entremêlent avec des grosses pierres. Et la vue est superbe.

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Le moine qui réside ici nous aborde alors, nous donne des livres et des bracelets aux enfants, et nous pousse à visiter, explorer, regarder les rochers en nous expliquant que celui-ci est un crapaud asiatique, celui-là un éléphant. Un autre le visage de Bouddha. Dans le pavillon le plus haut, avec la statue du saint, un croyant me montre comment prier le Bouddha en m’inclinant trois fois et en allumant de l’encens, puis en me prosternant trois fois, les paumes tournées vers le ciel. Il est gentil et patient avec ma maladresse. Je suis touchée qu’il prenne le temps de partager tout ça avec moi alors qu’il est visiblement en train de prier.

Ensuite le moine nous prend en photo, de très nombreuses photos, malgré sa déception de l’absence de zoom (no djoom?!). Il a l’air tellement gentil et serein, que ça m’émeut beaucoup. En repartant, il nous glisse encore des petits pots de lait caillé…

Et en redescendant, on repasse devant les inévitables marchands du temple, mais cette fois, il semble que la nature reprend peu à peu ses droits…

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Voyage Asie #10 : Japon, l’envers du décor

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Notre bateau quitte le port de Hakata. Du pont, on voit les tours, le centre de congrès et les grues du port s’éloigner. Un peu plus tard, c’est le bout de la péninsule avec un cap, dernier bout de terre du Japon avant la traversée. Toujours le même paysage qu’on voyait depuis le train : les collines boisées avec leur forme si typique du relief japonais, les petites maisons. Le vent souffle fort, les côtes ne sont bientôt plus qu’un fin liseret gris et la silhouette des montagnes qui se dessine au fond.

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Nous avons passé un mois au Japon. Un mois jour pour jour que nous avons débarqué à l’aéroport de Tokyo. Que de découvertes. Entre les villes, les temples, les jardins, les paysages de rizières. Un peuple à part aussi même si nos rencontres avec les Japonais ont été très limitées. Quelques mots échangés dans un train avec des voyageurs curieux, la voisine de notre hôte du WWOOFing qui est venue déjeuner avec nous, une amie d’amie avec qui nous avons déjeuné également, c’est à peu près tout. Mais nous avons beaucoup entendu parler des Japonais par la bouche de Français installés au Japon depuis plus ou moins longtemps. Particulièrement notre hôte du WWOOFing.

« Le Japon, c’est un pays formidable, mais pas pour les Japonais », c’est ce qu’on peut retenir de nos conversations ! Si le Japon est un pays propre, facile à vivre parce que tout y est organisé dans le moindre détail et que tout est basé sur la courtoisie et le respect, les Japonais, eux, auraient une vie infernale. Dès l’école, ils seraient surchargés de devoirs, condamnés à réussir dans leurs uniformes toujours impeccables. Le monde du travail ne serait pas plus tendre : organisation très hiérarchisée où les jeunes n’auraient pas leur mot à dire et où la génération qui a « fait » le Japon d’après-guerre tel qu’on le connait aujourd’hui serait incapable de passer la main ; protection sociale très faible des travailleurs qui fait qu’il n’est pas rare de voir des personnes âgées travailler même à des travaux physiques dans des conditions difficiles. Un vol, et c’est la prison assurée, deux ans et demi pour un kilo de miel mais ce serait aussi parce que le coupable avait des piercings et des tatouages sur tout le corps paraît-il, ce qui n’aurait pas plu au juge qui a expédié l’affaire assez rapidement…

En dehors du travail, pas grand-chose. On ne sait pas trop ce qui se passe dans les maisons car les gens ne reçoivent jamais chez eux et les maisons sont toutes tournées vers l’intérieur. Pendant tout notre séjour nous n’avons vu aucune vitre transparente donnant sur l’extérieur. La vue, c’est pour le jardin intérieur, quand on en a, l’intérieur n’est jamais visible depuis l’extérieur.

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Après le travail, il est courant que le chef emmène son équipe aller boire dans un bar. Ne pas boire avec ses collègues est très mal vu, ne pas y aller encore plus. Les week-ends, on voit un peu de monde dans les temples mais la chaleur n’aidant pas, il n’y a en général pas grand monde à l’extérieur. Les nombreux supermarchés, grands magasins et centre commerciaux sont en revanche pleins à toute heure. Le Japonais moyen passerait donc son peu de temps libre à consommer, à l’extérieur ou chez lui devant sa télévision ou son ordinateur. La taille des centres commerciaux et des grands magasins est effectivement surprenante, surtout dans les grandes villes. Mais les zones péri-urbaines et les grosses bourgades ne sont pas en reste. Avec leurs larges routes à deux ou trois voies, leurs supermarchés aux parkings immenses bordés de stations service ou d’enseignes de fast-food où le piéton est condamné à marcher le long des voies rapides ou à emprunter des passerelles décrépies pour ne pas interrompre la circulation des voitures, les zones péri-urbaines ressembleraient à s’y méprendre à leurs cousines américaines s’il n’y avait quelques toits en tuile et les rizières… La voiture y est indispensable si on veut survivre. Toujours rutilante, elle est comme dans beaucoup d’autres pays un marqueur social et les Mercedes, Porsche et BMW sont au sommet de la pyramide même si elles n’ont rien à envier aux voitures japonaises qui forment l’écrasante majorité du parc automobile.

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On retrouve d’autres travers de l’hyper-consommation dans les emballages et suremballages. Pendant tout notre séjour, nous n’avons pas vu un seul fruit ou légume non emballé de plastique, polystyrène ou carton dans les magasins et la discipline ne semble pas être de mise dans le tri des déchets. Même s’ils paraissent indispensables à cette saison, les climatiseurs tournent à plein régime dans quasiment tous les lieux fermés et nous font parfois ressortir polaires et autres vêtements à manches longues que nous avions prévus pour la Russie. Les économies d’énergie qui ont suivi la catastrophe de Fukushima ont fait long feu et ne sont maintenant qu’un lointain souvenir si bien que la plupart des centrales nucléaires ont été remises en service, complétées par des centrales à charbon.

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Quant aux vacances, les quelques jours par an que veulent bien s’accorder les Japonais seraient consacrés à un court séjour au bord de la mer ou dans un parc d’attraction ou encore à un voyage express au pas de charge à l’étranger, assez proche de l’image caricaturale que nous nous en faisons…

En résumé, l’image qui nous est donnée est celle d’un système très rigide, encadré par des lois et des codes sociaux stricts qui ne tolèrent pas les écarts et les faiblesses. Qu’en pensent les Japonais ? Nous le diraient-ils seulement ? Nous ne le saurons pas. La seule chose que nous pouvons dire, c’est que le Japon, c’est un pays formidable pour les touristes où tout est fait pour leur faciliter la vie et rendre leur séjour agréable !

Cela fait près de cinq heures que nous avons quitté le Japon et déjà le téléphone affiche le réseau coréen. Sur le pont, il y a de plus en plus de vent et les cheveux s’envolent. On voit apparaître la Corée et Busan semble déjà toute proche. Des tours avec des collines boisées derrière…

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Voyage Asie #9 : Le Japon en vrac…

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2825 km par chemin de fer, 285 km à pied, 80mn de bateau, et pourtant l’impression d’avoir effleuré le Japon…

Finalement, on a peu dévié de notre route initiale, seulement vers la fin (le château de Kumamoto et les volcans que nous voulions voir sont fermés pour cause de tremblements de terre).

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Pas trop de regrets sur le trajet, pas assez de temps, bien sûr, pour tout voir, tout explorer… Souvent on s’est dit : « quand on reviendra, on ira… » mais est ce qu’on reviendra (les enfants rêvent de Scandinavie pour l’été prochain…)? Tokyo reste un regret, pas assez explorée, pas assez préparée en amont, sans doute. Et puis c’était notre première étape, nous n’étions pas encore rodés, ni bien calés à cause du décalage horaire.

Il y a aussi les cotés plus surprenants du Japon, comme les fils électriques qui pendouillent partout, les poteaux qui les soutiennent qui prennent de la place sur l’espace piéton au sol (pas de trottoir ici, juste une ligne blanche délimite la chaussée). Les villes et villages sont souvent les mêmes, souvent avec de larges avenues pour les voitures, des grands centres commerciaux, des zones résidentielles, des zones commerciales périphériques, un peu américain, comme paysage. Les plaines entre les collines sont habitées, pas les collines elles mêmes, sauf exception, comme à Nagaski.

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Et la rencontre avec les gens, toujours gentils, doux et charmants, qui donne envie d’aller plus loin et qui se heurte à la barrière de la langue. En même temps, tout est tellement codifié et rigide, que souvent on se sent en porte à faux, en décalage, ou bien juste incongrus à notre place… Même en parlant la langue, vivre ici doit être compliqué, mais encore plus sans doute pour les Japonais!

J’ai beaucoup aimé la mode japonaise, que ce soit pour les femmes ou les hommes : la recherche n’est pas de mettre le corps en valeur, mais davantage le vêtement et le confort de la personne : on se baisse, il fait chaud, il faut s’asseoir par terre… pas beaucoup de Jeans ici, du coup! Des vêtements amples, confortables, mais toujours avec un détail élégant, une coupe sophistiquée, une structure amusante… Même pour les hommes, qui ont souvent de beaux pantalons, noirs la plupart du temps, avec une coupe originale.

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Source : Yes style

Et ce qui frappe le plus ici, c’est l’absence des enfants : on voit quelques petits de moins de 6 ans dans des aires de jeux ou dans les jardins. Les plus petits sont portés par leur mère, ou sur des sièges vélo, il y a très peu de poussettes. Les plus grands en uniformes qui vont et viennent le soir et le matin (oui, même début août…), beaucoup de jeunes dans les zones de jeux type Shibuya.

Rien dans les musées, rien dehors, peu dans les trains et les transports en commun en dehors des heures de l’école. Aucun, ou presque, touristes japonais avec des enfants de plus de 6 ans. Et je n’ai vu aucune mère ne serait ce qu’élever la voix sur un de ses enfants. Notre hôte de wwoofing français nous a dit que les petits japonais étaient des enfants rois très mal éduqués avant 6 ans, puis complètement pressurés par le système scolaire. Mais je n’ai vu aucun enfant mal se tenir, ni faire du bruit ou déranger quelqu’un.

La place des femmes, aussi, semble laisser à désirer : visiblement leur rôle est de s’occuper des enfants et de leur mari, et elles n’ont pas beaucoup d’autres choix. Un scandale secoue le Japon actuellement : les universités de médecine auraient truqué les résultats d’admission pour défavoriser les candidatures féminines…

Bref, j’ai beaucoup aimé être une française au Japon!

 

 

 

 

Voyage Asie #8 : Les enfants…

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Ce voyage, nous le voulions à la rencontre de l’Autre, de l’étrange et de l’étranger à notre quotidien, une excursion hors de notre zone de confort, une ouverture sur l’ailleurs.

Les enfants nous ont rappelés à l’ordre : alors que nous voulions tout voir, et retrouver notre rythme de jeunesse, un peu stakhanoviste, il faut bien le dire,  et aussi marcher quelles que soient les conditions météorologiques, bref, pas trop des vacances… les enfants ont protesté : 10km en moyenne par jour alors qu’il fait plus de 35°C, c’est trop.

Et les vacances avec nos enfants se passent bien si on établit des routines régulières, des habitudes auxquelles ils s’attachent. Là, c’est la veille pour le lendemain, quand on n’arrive pas devant un monument fermé et qu’il faut improviser…

Et puis aller à la rencontre des gens, sans parler la langue, c’est difficile.

Et nous sommes au Japon, pays de la discrétion, du raffinement, de la fluidité, du respect de l’autre et de son « wa » (harmonie). Alors quand on débarque avec nos trois éléphanteaux… Et mon grand bonhomme qui déborde de partout dans les bus ou les trains et cogne sa tête 20 fois par jour dans les petites maisons…

Donc on a encore improvisé, encore changer le trajet et le programme, on va essayer de moins bouger d’endroit pour dormir, de rayonner davantage, de faire plus de pauses dans la journée et surtout, moins de temples (non, ça ne sera pas possible, ils sont trop beaux…).

Et finalement, ce voyage, il est quand même à la rencontre de l’Autre, mais surtout de l’Autre membre de la famille, de comment on dialogue et on joue et on se retrouve quand nos rapports humains ne sont plus masqués par les routines du quotidien. Et comment l’étrange et l’étranger nous apprennent à découvrir l’étrangeté des autres membres de la famille… et à l’accepter. Merci les enfants!

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Japon #3 : Une maison d’architecte

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Nous avons eu la chance de rencontrer des amis d’amis à Tokyo, qui nous ont fait découvrir une formidable maison japonaise de l’architecte Yoshida Isoya. C’est une merveille, qui condense parfaitement les subtilités de l’esprit japonais : le wabi (ou wabi-sabi, je ne sais jamais), le modernisme et le respect des traditions.

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Elle a été construite en 1967 pour un couple de personnes âgées, avec essentiellement un pièce de réception, et une chambre pour monsieur et une pour madame. La grande salle de réception est ouverte sur le jardin quand nous y entrons : elle cache dans ses murs 16 panneaux pour la fermer : 4 en shoji (les écrans de papiers), 4 en verre, 4 en bois et 4 en moustiquaire.

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Pour l’époque, la salle de bain est ultra moderne et à la japonaise : avec une douche à côté de la baignoire. Les miroirs de la salle de bain coulissent pour se positionner soit au dessus de la coiffeuse, soit au dessus du lavabo. « Pour madame », me glisse le guide…. Chez nous, ce serait plus tôt pour Giancarlo, mais, bon…

Dans le petit salon de Monsieur, une table est dissimulée dans le sol : quand on la soulève, il est possible de s’asseoir avec les jambes dans le creux du sol. L’hiver, on recouvre la table avec une sorte de couette et un petit pot avec des braises situé sous la table chauffe les jambes. Dans une maison dotée du chauffage et de l’air conditionné.

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Autre mélange de modernité et de tradition, non loin de la cuisine sur-équipée, on trouve une petite salle pour la cérémonie du thé, avec une toute petite ouverture sur l’extérieur, destiné à forcer les samouraïs à entrer sans leur katana (sabre). Ces salles étaient traditionnellement réservées aux négociations, aux discussions d’affaires compliquées, et paraît incongrue pour 1967. A moins que le vieux monsieur propriétaire de la maison n’ait été mêlé à des affaires louches… le guide refuse de répondre!

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Le petit bout de tatami carré est destiné à cacher le réceptacle des braises pour chauffer le thé.

Dans le jardin, pas de pelouse, mais de la mousse. Hélas, cette mousse, dite en aiguille de pin, supporte difficilement le climat tokyoïte et doit être entretenue sans relâche. Tous les jours, des bénévoles viennent enlever à la pince à épiler les brins brunis pour qu’elle reste verdoyante…

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Enfin, une dernière salle nous illustre parfaitement le concept du wabi sabi (ou wabi?) : au lieu de viser un résultat précis dans la création d’une œuvre, le plaisir esthétique est procuré par l’aléatoire d’un processus « naturel », comme les variations de couleurs et de motifs liées à la cuisson d’une céramique, ou, comme ici, aux dessins que forment sur les murs  les variations des taux d’humidité en fonction des saisons.

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Dans cette seconde salle pour la cérémonie du thé, un peu à l’écart des autres pièces, l’humidité de la terre retenue entre les montants des murs dessine leurs structures, comme en transparence. Loin d’être pensés comme un défaut, ces dessins toujours renouvelés selon les saisons sont recherchés, comme un abandon de l’homme aux processus qui l’environnent et le dépassent.

Au Japon, la nature n’a pas été donnée à l’homme pour que celui-ci l’exploite et prolifère à ses dépens (avec le « Dieu y pourvoira » en cas de pépin écologique), mais l’homme fait parti de la nature à égalité avec le plus simple des processus naturels. Ce qui ne les empêche pas d’avoir de gros progrès à faire en respect de l’environnement, mais l’état d’esprit est très différent de celui des pays à tradition judéo-chrétienne.

Japon #2 : Premiers jours à Tokyo

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On se recale doucement : premier réveil vers 13H30, second vers 10H (dans les gémissements), troisième vers 9h (on avait RDV…), puis 8 heures! Et il vaut mieux se recaler vite : les musées et jardins ferment à 17h…

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Tokyo est immense et en même temps, on passe d’un quartier à l’autre facilement, le métro, même aux heures de pointe, est super agréable : climatisé, avec des queues respectées pour entrer dans la rame… Dans les stations à forte affluence, des panneaux nous rappelle de nous laisser passer les uns les autres. Ce qui frappe le plus dans cette ville, c’est la fluidité ! Même les pompiers s’inclinent du haut de leur cabine de camion devant les passants qui les laissent passer au feu rouge… Ce qui n’empêche pas les Tokyoïtes d’être bien moqueurs : la boulangère qui se marre en me frappant dans le dos parce que je m’y prend comme un manche avec la pince à gâteaux, ou le vendeur de junk food qui éclate de rire quand je lui donne ma commande (j’ai compris après : c’était plus qu’épicé…).
La fluidité est certes en grande partie due à la discipline et la politesse japonaise, mais également à l’armée d’employés destinés à rendre service et s’assurer que tout fonctionne : deux personnes au passage à niveau piéton, une de chaque côté, au moins toujours une personne à chaque péage de métro, et dans le petit supermarché du coin, au moins 10 employés pour 50 m² de rayons…

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L’autre chose qui frappe également, alors que nous sommes dans un quartier très touristique pendant une fête traditionnelle, c’est la propreté des rues, impeccables, même dans les rues adjacentes ou moins fréquentées. Nous croisons souvent des personnes armées de petites pelles et de balayettes qui ramassent le moindre déchet de leur rue. Et tout est petit, mignon, bien arrangé, les devants des maisons recouvert de jardinières de plantes.

C’est la troisième chose qui surprend à Tokyo : la verdure partout présente, les arbres au milieu des immeubles, les pots de plantes partout présents dans les petites rues, les murs végétaux dans les hall d’ensemble de bureaux. Partout, sauf dans les cimetières, forêts minérales de pierres dressées, calmes et intégrés à la ville, sans mur, sans  délimitation précise (en tout cas à mon œil d’occidentale peu avertie…).

Quand on passe d’un quartier à un autre, les changements sont frappants : entre les grands immeubles qui forment le cœur des quartiers, des petites maisons se serrent les unes contre les autres dans un esprit village. Chaque quartier à son identité : Asakusa est le quartier historique, avec le plus vieux temple de la ville, ses petites maisons en bois, Shibuya, coeur trépidant de la night life, et son célèbre carrefour (celui avec le passage piéton en diagonale), Otomonde-Sando, les Champs Elysées japonais, à côté du Palais impérial, des lignées d’immeubles de bureau, plus loin, le quartier résidentiel de Setayaga… Bref, nous n’en aurons pas fait le tour en une semaine, loin de là!!

Quelques exemples de la diversité tokyoïte :

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Demain, un jardin Edo, Kamakura, dans la grande banlieue de Tokyo, puis une pause dans les montagnes japonaises à Takayama avant de commencer le Woofing!!

Ownschooling #1 : just joking!

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Methods of Changing a Lightbulb; Homeschool Style.

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First, mom checks three books on electricity out of the library, then the kids make models of light bulbs, read a biography of Thomas Edison and do a skit based on his life.

Next, everyone studies the history of lighting methods, wrapping up with dipping their own candles.

Next, everyone takes a trip to the store where they compare types of light bulbs as well as prices and figure out how much change they’ll get if they buy two bulbs for $1.99 and pay with a five dollar bill.

On the way home, a discussion develops over the history of money and also Abraham Lincoln, as his picture is on the five dollar bill.

Finally, after building a homemade ladder out of branches dragged from the woods, the light bulb is installed…by Dad.

And there is light.

Another version…

No less than 5.

1 person to contact HSDLA to see if there is a legal loop hole to change a light bulb without first asking the local department of education.

1 person to contact the co-op to see if there is enough interest to have a field day to watch the changing of the light bulb.

1 person to form a committee to determine whether this is a homeschooling or unschooling type activity.

2 people to actually go out to the store and purchase the light bulb (this should ideally be a 2nd grader and their parent so that the parent can explain about the price per unit item as well as point out the differences in wattage)

Another version…

Q. How many homeschoolers does it take to change a light bulb?

A. None. The kids would far rather sit in the dark than have yet another conversation about electrical power generation.

 

Source : https://a2zhomeschooling.com/humor/how_does_ahomeschooler_change_a_lightbulb/

 

 

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