Retour #7 : Severobaïkalsk

Famille, Voyages

Tout comme Tynda, la raison d’être de Severobaïkalsk est la ligne de chemin de fer BAM (Magistrale Amour Baïkal) et la petite ville a été construite dans les années 70 à partir de rien. L’urbanisme est caractéristique des villes nouvelles de l’époque avec de très larges avenues bordées de verdure formant un plan géométrique, une place centrale avec le bâtiment de l’administration locale, le palais du peuple, une galerie commerciale et un grand parc arboré juste derrière.

DSC_1978

Contrairement à Tynda, on a l’impression que la ville a été entretenue. Les aires de jeux pour enfants sont quasi neuves et la ville est assez propre. Autour du centre, des constructions plus récentes ont fleuri, toutes habillées de tôle colorée pour les toitures comme pour les murs.

La gare est un bâtiment assez inhabituel, fait de brique et de béton peint avec un immense toit en forme de vague.

Une grande passerelle aux marches irrégulières traverse les voies vers le Lac Baïkal. Il se met à pleuvoir. Nous tournons le dos à la ville et nous prenons la passerelle pour nous diriger vers l’hôtel qui se trouve un peu à l’écart de la ville, près de la route qui longe le lac. Les trains de fret sont garés les uns à côté des autres : toujours du bois, mais aussi des wagons citernes et du minerai apparemment.

 

Severobaïkalsk est un grand centre ferroviaire et de grands bâtiments de maintenance se trouvent également un peu plus loin. Sur l’autre rive, le lac et les montagnes enneigées. Nous prenons un petit chemin de terre qui longe la route jusqu’à l’hôtel. Tout semble désert et nous nous demandons si l’hôtel est encore ouvert à cette saison. Heureusement, une jeune femme nous a vu arriver et nous ouvre la porte. Nous sommes les seuls clients. Une fois de plus. A l’étage, notre chambre donne sur le lac et on aperçoit sur le côté la voie de chemin de fer que nous venons de prendre avec ses tunnels. En contrebas, une caserne qui semble être celle de l’unité de marine en charge du Lac Baïkal. Des militaires marchent au pas à l’intérieur des palissades garnies de fils barbelés. A l’entrée, deux soldats sont occupés à repeindre en noir une chicane.

Un peu plus loin, une jetée avec quelques pêcheurs. La plage est déserte et l’eau du lac est déjà bien froide. Il n’y aura pas de baignade, surtout que la température extérieure n’excède pas les dix degrés. Nous dînons dans un café qui surplombe la plage. Au-dessus de nous, il y a une fête et de nombreux invités passent, déguisés, certains avec de fausses armes, l’un avec une vraie Kalachnikov… on ne connaîtra pas le thème de la soirée ! Tout comme à Tynda ou Komsomolsk, nous finissons par comprendre que tous ces vastes hôtels, cafés et restaurants à l’écart des villes dans lesquels nous avons toujours l’impression d’être les seuls clients sont en fait destinés en premier lieu aux anniversaires, aux mariages ou autres fêtes qui doivent faire partie des rares divertissements des habitants. La soirée se terminera par un feu d’artifice qui nous tirera de notre sommeil aux alentours de minuit.

Le lendemain, le lever de soleil sur le lac Baïkal est splendide.

Puis, après un copieux petit déjeuner local  : 3 œufs au plat par personne, avec des sauccisses, tomates et concombres, et accompagnés d’un peu de pain et de petits croissants fourrés, nous longeons les rives du Lac Baïkal sur un petit sentier surplombant la plage. Les nuages ont fait un peu de place au soleil qui révèle les plus belles couleurs des arbres sur le fond gris bleu de la vaste étendue d’eau.

La grande plage de Severobaïkalsk est fréquentée par quelques pêcheurs et de rares promeneurs. Un belvédère permet d’admirer la vue vers le sud du lac avec une péninsule sur laquelle ont été construites des petites maisons.

Nous reprenons la passerelle vers la ville cette fois-ci. Une fois déposés nos bagages à la consigne de la gare, nous nous dirigeons vers le centre de la ville. Le centre commercial ressemble à ceux qu’on trouve dans d’autres villes : une grande halle dans laquelle se trouvent des petits magasins. Du côté de l’alimentation, ce sont des stands de vendeurs indépendants qui proposent chacun leurs produits (parfois les mêmes que ceux des voisins) et on a parfois du mal à savoir s’il s’agit d’une épicerie, d’une boulangerie, d’une crémerie ou d’une charcuterie tellement les produits sont mélangés. Après un petit pique-nique à l’aire de jeux au milieu des jeunes qui rentrent de leurs cours, nous visitons rapidement la petite église pimpante et entourée de parterre de fleurs bien entretenus.

Plus loin, un tout petit musée expose outre la faune et la flore du Lac Baïkal, quelques objets et documents de la BAM et une salle sur la Bouratie (la région dans laquelle nous nous trouvons) et ses habitants historiques qui ressemblent beaucoup aux nomades de Mongolie. La fierté locale semble être une otarie artiste peintre.

DSC_1977

Le départ de notre train approche et nous devons rejoindre la gare en faisant à nouveau un petit tour par les magasins pour nous approvisionner en nouilles instantanées et purée en poudre, le menu typique du voyage en Transsibérien.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s