Retour #2 : Vladivostock – Komsomolsk sur l’Amour

Famille, Voyages

Nous découvrons le transsibérien, ses cabines et son samovar. Première nuit en train et premier anniversaire : notre dernière à 6 ans! Nous prendrons le trajet du transsibérien jusqu’à Khabarovsk, puis bifurquerons vers le Nord, vers Komsomolsk-na-Amur, sur le trajet de la BAM (Baïkal-Amur-Magistrale), qui relient les villes du Nord du lac Baïkal à Moscou. Sur ce trajet, la ligne n’est pas électrifiée dans la première partie, et les rails ne sont pas soudés, ce qui donne le son caractéristique des voyages en train de  notre enfance…

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Nous découvrons aussi le rôle de la Provodnitsa, en quelque sorte la concierge du train. En plus du contrôle des billets à quai qu’elle effectue scrupuleusement en vérifiant si les données indiquées sur son listing correspondent bien à celles du passeport (nom, prénom, sexe, date de naissance, nationalité, numéro du passeport), elle distribue les draps et serviettes, les tasses pour le thé, s’assure de la propreté de sa voiture et la nettoie régulièrement, assure la vente de nourriture, de boissons et de souvenirs, rappelle l’heure aux voyageurs descendus fumer une cigarette aux arrêts et ferme la porte à chaque départ. Dans chaque train voyagent également un technicien et trois policiers, deux jeunes en uniforme et un dernier un peu plus âgé, souvent à la carrure moins sportive, en civil. Ils occupent un compartiment à côté du nôtre et sont relevés aux grandes gares. Le technicien et les Prodnovitzas restent, eux, pendant tout le voyage.

Peu après le départ, les policiers reviennent avec deux hommes, dont l’un est un peu éméché et énervé. Ils les asseyent dans leur compartiment. Pendant l’heure qui suit, l’un des deux hommes semble protester contre le sort qui lui est réservé en vociférant, parfois en rigolant à voix haute. L’ambiance se calme un peu, puis ça repart de nouveau, si bien qu’au bout d’un certain temps le ton monte un peu plus et l’homme se retrouve plaqué au sol, à plat ventre avec les mains menottées dans le dos… au beau milieu du couloir. A la gare #d’Ussurisk, on le voit partir sur le quai avec son sac, les mains libres, suivant de loin deux autres policiers qui ne semblent pas trop se soucier de lui. Les policiers font régulièrement des rondes dans le train et on sent que la sécurité est prise au sérieux sur le Transsibérien. Lorsque la voie passe sur un long viaduc, on aperçoit à proximité un poste d’observation avec un soldat lourdement armé et des chiens.

La voie longe la côte occidentale de la péninsule. Il s’agit d’une voie double, électrifiée mais le train ne roule pas très vite. De la fenêtre on aperçoit le bord de mer avec par endroits des gens qui se baignent. Le soleil décline lentement et la lumière est douce. Les gens profitent de l’été qui touche à sa fin mais qui offre encore de belles journées aux températures très agréables. Deux Coréennes occupent la cabine à côté de la nôtre, elles se rendent à Khabarovsk pour regagner Séoul en avion. Une femme avec son garçon qui sait à peine marcher monte un peu plus loin, elle passera la nuit dans le compartiment également, s’efforçant de calmer son petit chaque fois qu’il se réveille. Un couple et leur bébé monte le lendemain.

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Le matin aussi, dès le petit déjeuner, nous fêtons l’anniversaire de notre benjamine. Elle a choisi son gâteau, des pâtes de fruits en forme de poissons dans lesquelles nous plantons ses bougies. Pas facile de les souffler, mais elle finit par y arriver! Quelques petites figurines comme cadeaux, de la pâte à tartiner au chocolat, du jus de raisin/pomme : elle est comblée ! La journée passe très vite à jouer et dessiner, et à regarder le paysage qui change, les personnes qui montent et qui descendent.

Arrivé à Komsomolsk, la Provodnitsa ne nous laisse pas partir comme ça : où est ce que nous allons dormir, comme allons-nous y aller, les questions fusent! Et comme on ne se comprend pas très bien, elle nous rattrape à la consigne avec une dame anglophone pour s’assurer que nous ne sommes pas perdus dans la nature… Nous lui assurons que nous prendrons le tramway 5 pour rejoindre notre hôtel. Rassurées, elles nous laissent partir, nous voyant sûrs de nous.

Peu de temps après notre arrivée à l’arrêt de tramway, nous apprenons qu’il ne passera pas. Qu’importe, nous irons à pied, il ne s’agit que de 4 kilomètres environ, ça nous dégourdira les jambes après ces dernières 24 heures en train.

Sauf que nous nous perdons, que la nuit tombe, qu’au bout de trois kilomètres, nous nous apercevons que notre dernière a oublié son sac à dos avec tous ses jouets (dont ses cadeaux d’anniversaire) à l’arrêt du tramway, et que nous n’avons plus de batterie dans le téléphone qui a la carte de la ville…

Petit moment de désespoir, on monte dans un tramway un peu au hasard, et on finit par se retrouver. Après la traversée d’un pont truffé de trous en l’absence de plaque d’égouts, nous arrivons enfin dans notre hôtel! Nous aurons mis 2 heures et demi pour faire les 4 kilomètres, mais les enfants sont ravis par la chambre qui a des variateurs de lumières, et le repas du soir est délicieux!

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