Corée du Sud #12 : WWOOFing en famille

Famille, Voyages

Ça avait plutôt mal commencé, avec peu d’informations de la part de notre hôte, on ne savait même pas trop si nous étions vraiment attendus ou non. Et puis, alors que nous avions raté notre bus pour aller jusque chez lui et que nous allions prendre un taxi, il est arrivé dans sa grosse voiture noire. Il nous a déposé dans la cours d’une ferme, avec des bâtiments partout et une piscine en travaux, nous a dit de nous installer et est reparti… Le bungalow assigné est sale et miteux, avec un seul lit simple et des toilettes noires de crasse, une douche qui n’en a que le nom. Il y a des toiles d’araignées dans les coins et plein de saletés et de poussière partout. Les grands pleurent.

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Au bout d’un temps interminable, il revient nous chercher, nous sommes affamés! On mange coréen (traduire : on mange très épicé, très très épicé). Les enfants ne sont vraiment pas à la fête, surtout notre dernière. Juste après le repas, direct au travail. Les enfants et moi devons cueillir des baies non identifiées, tandis que pour les hommes, c’est repiquage de choux. Je les rejoins une fois notre travail fini, mon pauvre bonhomme est fourbu. A 17h, goûter : whisky de riz (impossible de refuser), barre d’une céréale non identifiée, et gâteau à la mandarine de Jeju. Ca revigore! Mais on reprend le travail un peu moins précisément…

Le soir, de nouveau repas coréen, la dame nous demande pourquoi nos enfants sont si tristes, on met ça sur le compte des épices… Elle va se mettre en quatre pour trouver de quoi leur faire plaisir : elle va cuisiner moins épicé, faire des sortes de frites, des pommes de terre en sauce, de la viande en ragout… Mais on dormira quand même par terre, sur les « yo », sorte de couverture très mince (je ne fais toujours pas la différence entre celles que l’on pose par terre et celles qui doivent nous recouvrir…). Et les repas sont les mêmes aux différentes heures de la journée : matin, midi et soir, toujours pareil :  riz et banshan (les petits bols de nourritures variées).

Les grands pleurent encore, et on se demande si on va tenir le coup : 4 heures de champs seulement et nous avons le dos en compote. On décide de se donner 48h pour voir, parce qu’on voit bien que ce sont des gens très gentils, mais rudes et habitués à vivre à la dure. Les grands pleurent encore. Ils se demandent à haute voix ce qu’ils ont fait dans leur vie antérieure pour mériter des parents comme ça. Ils font remarquer continuellement qu’ils étaient contre l’idée du WWOOFing depuis le début et que contrairement à nos bonnes paroles, si, c’est bien pire que notre expérience précédente au Japon… La dernière ne comprend pas pourquoi quand on a un bel endroit comme à Séoul (notre seul appartement de tout le voyage) on n’y reste pas et on va voir plein de pourris musées, alors qu’ici c’est miteux et on est obligé d’y rester… Bref, on n’est pas à la fête.

Le lendemain, nous sommes tous assignés à l’équeutage des piments, les fermiers sont partis à l’école à Séoul (on ne saura jamais pour quelles études) et nous passons la journée seuls : notre repas nous attend dans la cuisine, le riz dans la rizeuse. Il ne faut pas se frotter le visage lors de l’équeutage des piments, c’est une leçon de base. Ça fait mal. Finalement on rigole bien, on se dit qu’on va faire une fête en rentrant pour raconter aux copains et à la famille nos aventures, les enfants font les clowns avec les piments… La journée passe vite!

Surtout qu’une autre WWOOFeuse, Joséphine, arrive de Singapour. Elle a l’air un peu perdue, avec sa valise à roulettes, on l’accueille chez nous, on discute un peu. Elle a l’air très sympa. Le soir, on mange tous ensemble et c’est déjà plus convivial et plus détendu, on commence à prendre le rythme, à s’habituer à la dureté du sol la nuit.  Notre dernière ne mange que des algues et du riz, mais bon, ça ne change finalement pas trop de ses habitudes de mono diète! On décide donc de rester.

Le lendemain, re-piment, mais dehors, sous un hangar, grosse journée. Même si ça fait très mal au dos de rester assis par terre pendant des heures, c’est sympa de discuter et d’être tous ensemble. On apprend à faire connaissance avec Joséphine. Les enfants travaillent plutôt bien, surtout notre aînée, qui fait quasi des journées d’adulte. Parce que si nous sommes sensés faire une demi journée de travail, en terme coréen, ça fait un temps plein en France, soit 6 ou 7 heures par jour, sur 6 jours. Notre hôte, lui, travaille de 5h à 8h, prend son petit déjeuner, puis retravaille jusqu’à midi, puis de 14h à 19h30 environ… 7 jours sur 7. On se sent un peu fainéant à côté d’eux…

Le soir, après le repas, on regarde les « dramas » coréens à la télévision. Il paraît qu’ils sont tellement célèbres à Singapour que les jeunes apprennent le coréen juste pour les comprendre. D’autre soirs, des voisins ou des amis viennent manger avec nous. Malgré la barrière de la langue, on sent la chaleur humaine qui se dégage. On rencontrera aussi leurs grands enfants le WE. Ils reviennent souvent voir leurs parents, « parce qu’ils les adorent », nous disent-ils. C’est la qu’on fera une drôle de gaffe : nous avions cru comprendre que leur aîné allait se marier en mars, nous le félicitons donc chaleureusement, avec sa fiancée présente… mais la petite sœur nous corrige : sa mère voudrait qu’il se marie, lui pas trop… On a l’impression de lui avoir annoncé la date de son mariage… Grand moment de gêne, sa sœur rit à plein poumons en se moquant d’eux, sa copine et lui finissent par fuir dans la cuisine, on ne sait plus où se mettre. On dinera finalement avec eux, ils sont vraiment charmants.

Pour notre dernier jour de travail, on va cueillir les piments sous la serre, c’est plus facile! Une sorte de chasse aux œufs dans la jungle. Avec trop d’œufs. Et sans chocolat.

Le dernier jour, on découvre l’ampleur de la ferme : notre hôtesse nous emmène en voiture voir un autre bout de la ferme, celle des pastèques. Huit énormes serres de pastèques, toutes sagement posées sur leur petit socle de plastique pour limiter les risques de pourriture. Après la semaine que l’on vient de passer, on se rend compte de tout le travail que c’est! Parce que si on a retenu une chose de cette semaine, c’est bien ça : la nourriture sur notre table vient d’un travail dur et prenant, et l’on doit être reconnaissant du travail qu’il y a derrière au lieu de la prendre comme un dû.

Ce que  les enfants ont préféré : la balançoire!!

Le point noir, ce sont les chiens : ils sont nombreux, environ une dizaine, attachés sans discontinuer avec seulement 1 ou 1,5 mètre corde, ou de chaîne. J’ai un peu peur qu’ils ne finissent en soupe (mais plus tard je saurai que probablement pas : pour manger de la soupe au chien, les Coréens vont dans des restaurants spéciaux). Notre dernière est très copine avec eux et passe beaucoup de temps à les caresser et les dorloter, même les trois fois plus gros qu’elle! Elle a nommé son préféré « toutou grafic ».

Finalement, on est un peu triste de partir, on s’est attaché à eux, même si on ne se comprend pas trop (merci Google translate quand même), la dose de travail est juste, nos hôtes nous remercient toujours chaleureusement, et on a même eu droit à un jour de repos.  Certes, le travail est un peu rude, mais ça va, on a pris le rythme. Et les enfants sont fiers d’eux (et nous aussi)! Bref, c’était une bonne expérience.

 

 

 

 

Une réflexion sur “Corée du Sud #12 : WWOOFing en famille

  1. Heureusement que l’article commence par « ça avait plutôt mal commencé », parce que ça voulait dire que ça s’améliorait après (j’avoue avoir eu peur à un moment…) ! On a rigolé, compati, rigolé… et à la fin, waouh, respect. Encore une fois… Quelle aventure !
    Plein de bises

    Aimé par 1 personne

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