Corée du Sud #11 : Séoul moderne

Famille, Voyages

Séoul est une ville tentaculaire. Si on inclut la province qui l’entoure, près de la moitié des Coréens y vivent. Avec un réseau de transports en commun si étendu qu’il ferait pâlir d’envie les Parisiens, des immeubles ultramodernes, mais aussi des quartiers plutôt bien préservés, malgré son histoire tumultueuse. Et surtout, de façon vraiment frappante, de la nature partout présente : les berges des cours d’eau sont aménagées et des grands parcs trouent la ville un peu partout, à tel point que nous avons croisé des libellules, des papillons et même des hérons en pleine ville!

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Quartier qui a inspiré la très célèbre « Gangnam Style » de Psy en 2012, Gangnam symbolise le mieux le visage de la Corée moderne. En traversant l’immense fleuve Han vers le Sud, on laisse derrière nous les palais et les quartiers traditionnels aux ruelles étroites, les marchés foisonnants et grouillant de monde, les parcs et les musées. S’il n’y avait les omniprésents boulevards à 6 voies ou plus, où les secondes sont comptées pour les piétons qui les traversent, on pourrait se croire à Manhattan. Les grattes-ciel rivalisent en hauteur et en originalité.

C’est samedi, jour de shopping et les jeunes et moins jeunes se pressent et se bousculent devant les magasins de vêtements (surtout de sport) qui se succèdent. Toutes les grandes marques ont leur enseigne et affichent des soldes à -70% ou -80%. Comme dans les zones commerciales de toutes les autres grandes villes, les chaînes de restauration rapide, de café et de pâtisserie sont également là.

A la station de métro Gangnam, sous le gigantesque carrefour qui marque le centre de ce quartier, des petites boutiques souterraines sont rangées le long de longues allées. Un peu plus loin, un lieu de vie a été aménagé près d’une des sorties. Ouvert à tous, on y trouve des tables et des chaises, une fontaine d’eau, un distributeur de boissons, des prises pour recharger ou brancher téléphones et ordinateurs et même une petite bibliothèque. Les gens y viennent pour se retrouver, pour travailler ou juste pour se reposer un peu de l’agitation en surface. Un accès du métro mène directement au « Samsung D’light » qui se trouve au sous-sol d’une des tours de la « Samsung Town », grand ensemble de tours de verre avec un jardin suspendu surplombant le carrefour.

Le Samsung D’Light est la vitrine de la célèbre firme coréenne où sont exposés les tout derniers modèles d’équipements et où sont évoqués les objets et applications du futur. Nous entrons donc par curiosité dans ce temple de la haute technologie. De grands espaces clairs aux vitres impeccablement prop res, des téléviseurs immenses où défilent des images bien plus belles que la réalité, un stand où sont exposés les smartphones, montres connectées et autres ordinateurs portables, nous sommes au milieu des « derniers cris ». Nous nous assurons que nos téléphones, qui ont 3 ou 4 générations de moins, sont bien cachés au fond de nos poches.

Le personnel en uniforme décontracté, écouteur vissé à l’oreille nous accueille avec bienveillance. Il n’y a pas grand monde et nous nous essayons à tester les nouveautés. Un peu comme pour le tourisme dans le pays, Samsung façonne son image pour ne plus apparaître comme le challenger mais le leader en termes d’innovation et tant qu’à faire, d’innovation de rupture, celle qui devrait changer nos vies au-delà même de ce que nous pouvons imaginer aujourd’hui. Au deuxième étage, les pièces d’un appartement ont été reconstituées et de petites tablettes nous montrent en réalité augmentée à quoi ressemblera l’appartement du futur avec une petite famille, occidentale : le père fait défiler ses photos de vacances sur un téléviseur d’un geste de la main en l’air, la mère répond à l’interphone qui s’affiche sur son réfrigérateur et un charmant bambin écoute une histoire lue par son père dans son lit pendant que les pages du conte se projettent sur le mur, tournées elles aussi d’un revers de la main dans le vide… Mais ce ne sont que des films et on aurait aimé voir du réel et nous essayer nous aussi à interagir avec les applications en faisant des gestes dans l’air… Il faudra sans doute attendre encore un peu. En passant devant les grandes glaces, nous nous voyons, avec nos vêtements colorés et dépareillés, nos sacs un peu salis et nos chaussures usées, ça ne va vraiment pas avec le décor. Pour la famille du futur, on repassera…

Retour dans le monde réel au bord du fleuve Han, à Yeouido, toujours sur la rive sud où un espace vert de loisir a été aménagé. Le soleil se fait plus doux et il y a foule pour profiter de cette belle fin d’après-midi. Une immense pataugeoire avec des jets d’eau fait le bonheur des petits et des plus grands qui les accompagnent. En maillot ou tout habillés, les enfants se jettent dans l’eau et orientent les jets au gré de leurs envies. Tout autour, les parents ont dressé des tentes pop-up, sur la pelouse ou sur le béton. Un loueur de bicyclettes propose toutes sortes de vélos, du petit vélo pour enfant au tandem. Il est installé le long de la piste cyclable qui longe le fleuve et le flot de cyclistes est ininterrompu. Plus proche du fleuve, un chanteur s’est établi avec sa guitare et son ampli, il chante de la pop coréenne (la fameuse K-pop) devant les quelques passants qui s’arrêtent pour l’écouter. A peine plus loin, plusieurs couplent dansent le rock sous l’œil de leur professeur.

Comme presque partout à Séoul, il y a de la place, beaucoup de place et dans cette mégapole de plus de dix millions d’habitants, on dirait que les tours se sont regroupées en îlot pour laisser un maximum de place aux parcs, aux grands espaces et bien sûr aux voitures sans jamais s’attaquer aux collines qui restent vierges de tout bâtiment comme si elles étaient sacrées. Les ombres s’étirent et la marchande de glace se prépare à partir, il est temps de rentrer aussi.

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Le lendemain, nous restons sur l’autre rive et visitons ce qui fait la fierté de la ville en termes d’architecture moderne : la Dongdaemun Design Plaza, plus connue sous le nom de DDP. Construite par l’architecte Zaha Hadid, cette gigantesque coque métallique aux formes arrondies repose sur une structure en béton brut percée de larges ouvertures triangulaires. De grands espaces verts l’entourent avec un champ de roses artificielles dressées les unes à côté des autres sur une pente douce. A la nuit tombée, une petite lumière au cœur de chaque rose illumine les pétales et c’est comme si une marée de petites lanternes flottait au beau milieu de cet espace urbain.

La DDP héberge quelques magasins au sous-sol, dans la partie en béton, alors que la grand coque abrite le musée du design qui est en fait un ensemble de salles d’exposition. Une rampe de plus de 500m part de l’entrée principale et descend jusqu’au sous-sol en desservant les différents espaces. La couleur à l’intérieur est le blanc, un blanc éclatant des murs au plafond qui contraste avec le béton, l’acier et la verdure à l’extérieur. Mais que ce soit dedans ou dehors, l’ensemble, résolument futuriste, est une réussite et le défi d’aménager cet immense espace à quelques pas des anciens remparts de Séoul et de la Porte de l’Est (Dongdaemun) a été brillamment relevé !

Et maintenant, changement de décor et d’ambiance à nouveau : on part pour une semaine de wwoofing!

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