Corée du Sud #9 : Seoraksan

Famille, Voyages

Du randonneur aguerri et suréquipé aux touristes descendus du car pour prendre une photo de groupe, chacun trouve son bonheur une fois franchie l’entrée du Parc national de Seoraksan. Des restaurants, il y en a pour tous les goûts et les marchands de souvenirs côtoient les vendeurs de fruits et de nourriture à déposer aux pieds de la statue de Bouddha géante qui se trouve un peu plus loin. Pour les plus vaillants, une balance permet de peser son sac avant de partir pour les sommets avec une petite légende à côté : au-dessus de trente kilos, c’est rouge !

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Passé le large pont de pierre, on entre dans le domaine des marcheurs. Plus de restaurant, de buvette ou de magasin mais le chemin est bétonné et tout est indiqué en coréen et en anglais avec les distances et les temps de marche pour atteindre les différents sites du parc. Au bout d’un ou deux kilomètres, le béton laisse la place à des chemins de terre et de pierre, puis dès qu’il s’agit de prendre un peu de hauteur une succession d’escaliers, de passerelles et de ponts permettent de passer les passages les plus difficiles pour finalement se hisser jusqu’au sommet des rochers. La sécurité passe avant tout et on imagine difficilement tous les efforts nécessaires pour construire et entretenir tous ces équipements dans des endroits complètement inaccessibles à des véhicules ou à des machines. A certains points de passage vers les sommets, un garde forestier est présent dans une petite cabane. A proximité, des caméras de vidéosurveillance, des haut-parleurs, des antennes de téléphonie mobile, des écrans d’affichage. On se croirait presque dans une station de métro !

Les paysages sont à la hauteur de ce que nous avaient vendu les guides de voyage : d’énormes blocs de granit surplombent les rivières et ruisseaux qui coulent au fond des gorges. Ils sont recouverts de pins rouges de Corée qui poussent tout en haut et dans tous les interstices que les rochers ont pu laisser entre eux. On a du mal à imaginer que des arbres de plusieurs mètres de hauteur puissent pousser au milieu de rochers avec si peu de terre. Dans la vallée, ce sont plutôt les chênes et les érables japonais qui poussent, si bien qu’en prenant un peu de hauteur, les nuances de vert des différentes essences rendent les montagnes encore plus belles, surtout quand les rafales de vent viennent retourner par vagues le feuillage de certains arbres. Un garde forestier avec qui nous avons eu le temps de discuter un peu nous a dit que la plus meilleure saison pour visiter le parc est l’automne car on y voit les plus belles couleurs, du rouge au vert en passant par l’orange, le jaune et l’or. Nous nous contenterons de l’été cette fois-ci !

Le premier jour, nous montons jusqu’au refuge de Yangbok. Le chemin longe le cours d’eau, l’enjambant dans un sens, puis dans l’autre sens. A certains endroits, des pancartes avec gyrophares avertissent du danger de chute de rocher. On peut voir effectivement dans le cours d’eau quelques gros blocs de granits au milieu de l’eau. Certains font plusieurs mètres de haut ! Des filets sont disposés pour empêcher la chute des pierres. Sur les fissures des gros rochers à proximité du chemin, on peut voir des petits vérins qui mesurent la largeur de la fissure et permettent de remonter une alarme en cas de risque d’effondrement. Le refuge est niché au creux d’une vallée. Il n’est pas très grand et une petite terrasse avec des tables permet d’admirer la vue sur la cascade juste en face Quelques randonneurs se reposent avant d’entamer la descente. Les toilettes sont un peu en dessous. Pour remplir nos gourdes, le gardien nous indique la cascade, il n’y a ni tuyau ni robinet qui apporte de l’eau ! Nous redescendons sous le soleil plus clément de la fin d’après-midi. Il n’y a plus grand monde sur le chemin qui est fermé dans le sens de la montée dès 14 heures.

Le lendemain est un jour de pluie, nous descendons à Sokcho, la ville côtière, tuer le temps, entre un restaurant et un musée de la céramique à la gloire du potier local… qui se promène dans les couloirs vides de son musée. Nous sommes quasiment les seuls visiteurs une fois de plus ! Nous profitons de notre sortie pour nous ravitailler car il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent dans les petites épiceries de Seorak-Dong.

La pluie reprend de plus belle le soir et toute la nuit. Au petit matin, on aperçoit des marres d’eau dans la rue de nos fenêtres. Nous restons cloîtrés dans notre chambre à attendre. Les propriétaires nous apportent à manger comme s’ils étaient désolés pour nous de cette triste journée. Cinq épis de maïs cuits, des fruits et des morceaux d’une sorte de pâte fraîche légèrement sucrée dans de la farine. Les enfants en raffolent. En fin de journée, à la faveur de quelques éclaircies, nous retournons au Parc. La personne au guichet nous annonce que tous les chemins sont fermés à cause des fortes pluies mais qu’il est quand même possible prendre un  billet pour entrer. Nous en profitons pour prendre le téléphérique qui est ouvert et pour monter au sommet admirer les rochers aux cîmes embrumées dans des morceaux de nuages qui passent et disparaissent un peu plus loin. Il se remet à pleuvoir.

Enfin du soleil le jour suivant ! Nous nous dépêchons de nous chausser pour attaquer le rocher d’Ulsanbawi qui culmine à plus de 700 mètres. La montée est rude et mêmes si les escaliers facilitent la tâche, il faut quand même monter près de huit cent marches pour arriver au sommet. Les enfants peinent et nous aussi mais encouragés par les randonneurs coréens qui sont impressionnés par notre petite dernière et qui lui donnent une boîte de biscuits ou quelques barres de chocolat en passant, nous finissons par arriver au sommet. La récompense est là avec une vue imprenable sur Sockcho, la mer et les sommets toujours couverts de pins de l’autre côté. Il faut se faufiler entre les groupes, les photographes et les barrières pour trouver un coin sans trop déranger. Les Coréens sont de grands adeptes des photos d’eux-mêmes, seuls, à deux ou en groupe devant les lieux qu’ils visitent et ils sont très bien équipés en télécommandes, petits trépieds et autres perches à selfie. En contrebas de l’autre versant, on aperçoit une large autoroute qui mène à Seoul en moins de deux heures et un grand complexe hôtelier qui de loin paraît moderne et très bien équipé juste à côté. Peut-être une explication à la désertion de Seorak- Dong ? Nous redescendons et faisons une petite halte pour manger. Autour de nous, les randonneurs s’arrêtent aussi pour faire une pause ou pour manger. Des couples, quelques familles, des groupes d’amis. A chaque fois, les rituelles photos sous les rires et les exclamations. Les gens ont l’air heureux et ils l’expriment, avec un sourire, un éclat de voix, une pause contemplative devant la montagne.

Pour profiter de la belle journée, nous enchaînons avec les cascades de Biryong, de l’autre côté du parc. A nouveau des ponts, des passerelles et des marches d’escalier qui n’en finissent plus mais à la fin, le spectacle est toujours au rendez-vous avec des points de vue à couper le souffle et des perspectives dignes de voies d’alpinisme. C’est sûr que la main de l’homme est visible partout et qu’il faut souvent se tordre pour prendre une photo sans un coin de balustrade, un bout d’escalier ou une pancarte mal placée mais sans ça qui pourrait arriver à ces endroits impossibles en toute sécurité ? N’est-ce pas le prix à payer pour que le plus grand nombre puisse profiter de ce joyau national qui fait la fierté de tout le pays et qui attire tant de monde à toutes les saisons ? La montagne pour tous se fait au détriment des paysages sauvages et d’une certaine liberté…

Le lendemain, dernier jour, au grand soulagement de notre dernière qui nous rappelle : « je fais ça juste pour vous faire plaisir, j’en ai marre des pourries montagnes ». Dernière randonnée :  le but est une grotte à flanc de falaise, qui sert en fait de temple bouddhique. On se demande comment les moines y parvenaient avant les escaliers. D’en haut,  la vue sur la vallée est superbe. Et toujours l’inévitable écureuil fouineur qui vient ramasser les éventuelles miettes de notre goûter.

Après ces quelques jours de montagne, direction la capitale !

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