Corée du Sud #7 : Andong, capitale du « Korean Spirit »

Famille, Voyages

Loin de la frénésie et de l’activité de Busan, Andong est une petite ville pour la Corée mais elle compte plus de 150 000 habitants tout de même. Pas de grande tour donc, ni de métro mais un petit centre ville plein de vie et surtout la nature toute proche ainsi que de nombreux sites historiques à visiter aux alentours ce qui en fait une escale idéale pour beaucoup de touristes. La ville l’a bien compris et forte de son slogan « the Capital of the Korean Spirit » (la capitale de l’esprit coréen), elle s’est lancée dans une promotion touristique intensive autour du Confucianisme et des masques traditionnels des villages qui l’entourent.

 

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Ici plus qu’ailleurs, le touriste n’est pas forcément étranger et on a pu remarquer à quel point les Coréens aimaient bien visiter leur pays. Le centre ville regorge d’hôtels, motels et restaurants et de scènes sur lesquelles se succèdent chanteurs de pop, danses traditionnelles et spectacles humoristiques. Partout la sonorisation surpuissante attaque les tympans comme s’il fallait absolument en mettre plein les oreilles en plus d’en mettre plein la vue. Le long du fleuve Nakong a lieu tous les soirs un jeu de fontaines musicales. Tous les grands airs occidentaux des dernières décennies y passent, de la Reine des neiges à « Stand by me » en passant par la bande originale de Titanic et bien d’autres. Les LEDs illuminent les jets d’eau par le bas, l’eau pulvérisée au ras du sol forme un large nuage qui devient multicolore par le jeu des lumières. Puis c’est au tour des gerbes mobiles qui dansent au rythme de la musique. Brusquement, un puissant jet s’élance du centre et retombe en averse au gré du vent sur les malheureux enfants qui se sont aventurés un peu trop près et qui se retrouvent trempés de la tête aux pieds en une fraction de seconde. L’un des nôtres a testé. Quand on voyage, on vit les expériences jusqu’au bout ! Sinon on reste chez soi…

L’office du tourisme est d’ailleurs là pour aider le visiteur à aller jusqu’au bout de l’expérience « Andong ». Juste en sortant de la gare, ouvert tous les jours, deux jeunes femmes à la même tenue, jupe sombre et chemise à fleur, y accueillent le nouvel arrivant avec un grand sourire dans un beau bâtiment neuf et spacieux. Elles parlent très bien anglais et en quelques minutes, nous avons notre programme en fonction du temps que nous passons à Andong. Nous restons une semaine. La stupeur de notre interlocutrice passée, nous comprenons que nous verrons tout et que nous pourrons prendre notre temps. Tant mieux. Nous recevons une feuille A4 avec toutes les attractions, les numéros des bus qui y conduisent, leurs points de départ ainsi que les horaires d’aller et de retour. Pour manger ? La spécialité locale à base de poulet à la vapeur, de nouilles et de ratatouille à la coréenne, servie dans un grand plat dans lequel toute la tablée vient se servir. Tous les restaurants qui la préparent sont dans la même rue et le plat est cuisiné devant le restaurant dans une grande poêle. L’hôtesse de l’office du tourisme entoure la rue sur le plan et s’empresse d’écrire « pas épicé » en coréen sur un post-it. Petit bout de papier jaune que nous gardons précieusement même si son utilité se révèlera discutable, qu’il soit lu ou non…

Les activités de plein air ne sont pas en reste. Les Coréens aimant beaucoup marcher, plusieurs parcours ont été aménagés dans la région. Plus que des sentiers balisés, il s’agit souvent d’une succession de passerelles, d’escaliers et de ponts qui permettent en toute saison de se promener au grand air. Nous suivons ainsi le fleuve Nakdong sur trois kilomètres depuis Andong. Caméras vidéo, hauts parleurs diffusant une musique discrète, éclairage le soir, tout est fait pour que le promeneur se sente en sécurité. Des petits auvents surélevés ponctuent le chemin. Après avoir enlevé ses chaussures et gravi les quelques marches, on peut s’y asseoir, s’étendre, lire ou méditer en regardant couler le fleuve. Il n’y a pas grand monde en cet après-midi d’été malgré la température beaucoup plus clémente que la veille. Le parcours aboutit à plusieurs maisons traditionnelles reconstituées après la construction du barrage un peu plus en amont qui a englouti plusieurs petits villages lors de sa construction. Dans la cour d’une des maisons, une vielle dame nous offre du thé et insiste pour nous prendre en photo.

Pour compléter l’offre touristique avec des choses un peu plus « modernes », un complexe touristique a été construit à quelques kilomètres de la ville. Hôtels, golf, parc à thème sur le Confucianisme. Tout a été vu en grand. De larges avenues bordées de promenades aménagées traversent le site et d’immenses parkings attendent les visiteurs… qui ne viennent pas. Nous sommes les seuls du bus à descendre à cet endroit après tout un débat entre le groupe de grand-mères présentes et le conducteur pour essayer de deviner ce que nous voulions voir et quel était le meilleur endroit pour nous déposer. Las, le conducteur nous a arrêté au beau milieu de l’avenue à six voies et nous sommes descendus, non sans avoir remercié mille fois les spectateurs de cette scène farfelue dont nous étions les héros.

Confucian Land, c’est ce que nous voulions voir et que nous avons vu. Après avoir longuement cherché l’entrée du bâtiment, nous avons fini par entrer dans un grand hall. Vide bien sûr. Nous prenons nos billets et nous nous lançons dans la visite de ce centre dédié à l’explication du Confucianisme aux enfants. Sur trois étages, les salles se succèdent alternant entre la vie des élèves confucéens dans un petit village de la région au 16e siècle et la vie quotidienne d’un petit coréen contemporain avec en toile de fond l’application des grand principes du confucianisme de nos jours. Bienveillance, respect des ancêtres, justice, tout est illustré avec des animations, des vidéos, des jeux et pour finir, un film en relief immersif (360°) où nous nous retrouvons seuls. Ici, comme dans le reste du centre, le personnel est plus nombreux que les visiteurs et nous aurions pu vraiment prendre le temps d’explorer le Confucianisme dans toutes ses subtilités si les textes avaient été plus souvent traduits en anglais.

Andong ne lésine pas sur les moyens pour développer et promouvoir le tourisme. Les visiteurs coréens viennent surtout voir Hahoe Village et les temples de la région et y passer quelques jours. Les visiteurs étrangers restent une nuit ou deux, courte escale entre Séoul et Busan le plus souvent. Peut-être que dans quelques années Andong aura réussi à se faire un nom et deviendra une destination à part entière.

2 réflexions sur “Corée du Sud #7 : Andong, capitale du « Korean Spirit »

  1. (hihihi) je ris de vous imaginer dans certaines de ces situations !
    La veille dame au thé n’a pas réussi à vous décrocher un sourire, vous avez l’air exténués et accablés de chaleur mes pauvres !
    bises !

    Aimé par 1 personne

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