Japon #14 : Nagasaki

Famille, Voyages

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Située sur l’île de Kyushu, la plus à l’ouest du Japon, Nagasaki est notre avant-dernière étape au Japon. Bien plus petite que Kyoto et Tokyo, Nagasaki est bien sûr connue à cause de la bombe atomique qui a complètement détruit la ville trois jours après celle d’Hiroshima, mais pendant les quelques jours que nous y avons passé, nous avons pu découvrir que Nagasaki a longtemps été la porte du Japon sur l’Occident et le principal point d’entrée pour les échanges et le commerce. Au 16e siècle avec les missionnaires jésuites tout d’abord, qui y fondèrent les premières communautés chrétiennes puis avec les compagnies de commerce anglaises et hollandaises. On voit encore des traces de cette influence occidentale. Depuis la fenêtre du train qui nous emmène à Nagasaki, on aperçoit quelques toits à l’occidentale sur des maisons récentes. Dans une ville, un bâtiment est flanqué d’une tour à toit pointu qui rappelle un clocher.

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A Nagasaki même, on a fait reconstruire à l’identique sur une colline qui surplombe le port, Glover Hill, des maisons de style occidental qui étaient occupées à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle par quelques occidentaux venus s’y installer, la plupart du temps invités par le Japon pour du transfert de compétence (déjà à l’époque…). Des maisons à deux étages en bois peintes avec de couleurs claires rappellent les maisons américaines de la même époque. Les plafonds sont hauts et l’intérieur a été redécoré avec du mobilier occidental d’époque. Certaines maisons mêlent quelques éléments d’architecture japonaise comme les toitures. A l’extérieur, la végétation est luxuriante et les parterres de fleurs multicolores entourent les palmiers de toutes sortes. On est loin des jardins japonais…

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Avec ses églises et ses statues de la Vierge, Nagasaki rappellera le Liban à certains…

La cathédrale est sur cette colline également. Malgré son statut de cathédrale, c’est une petite église en bois construite et reconstruite par des missionnaires français. Juste à côté, le séminaire raconte l’histoire des premiers chrétiens du Japon et notamment la crucifixion en 1597 de vingt-six d’entre eux (occidentaux et japonais) suite à des soupçons de la part du Shogun de l’époque, Hideyoshi, qui voyait dans l’évangélisation le prélude à une intervention militaire occidentale. S’ensuivit la période de fermeture de l’Ère Edo qui dura près de deux siècles et qui coupa le Japon du reste du monde. Les Japonais ne pouvaient plus voyager en dehors du pays à l’exception de quelques bateaux de commerce habilités et les étrangers étaient interdits au Japon. Seule la petite île artificielle Dejima, reliée par un unique pont à Nagasaki échappait à la règle. Dans ce comptoir de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, quelques Hollandais étaient tolérés pour permettre le commerce avec l’Europe. Y transitaient le cuivre et la porcelaine produits au Japon vers Batavia en Indonésie (actuelle Jakarta). Lors de notre visite de cette petite île qui est maintenant complètement enclavée dans le centre ville de Nagasaki, nous pouvons voir à quel point les japonais accordent de l’importance à la préservation de ce pan de leur histoire : l’île est devenue un musée et plusieurs bâtiments ont été reconstitués. Dans chacun d’eux, on peut voir les différentes facettes de ce comptoir du bout du monde : les marchandises échangées, les routes maritimes, la description de la vie de la douzaine d’Hollandais qui y vivait.

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Le Monument de la Paix au milieu des préparatifs pour la commémoration du 9 août

C’est avec le même souci de précision que le Musée de la Bombe atomique détaille l’explosion du 9 août 1945. Le contexte historique y est expliqué. C’est là qu’on apprend que les américains avaient décidé dès le mois de septembre 1944 de bombarder le Japon avec l’arme atomique. A l’entrée de l’exposition, des vestiges de la cathédrale d’Urakami, située à proximité immédiate du « point zéro », sont exposés : un pan de mur, quelques statues défigurées, une photographie d’une statue du Christ sur sa croix, décapité par le souffle de l’explosion, comme pour montrer comment cette bombe avait été jusqu’à détruire ce que l’Occident avait apporté au Japon au cours des siècles précédents… En plus des conséquences sur les hommes et sur les bâtiments, l’obsession du détail va jusqu’à expliquer le fonctionnement de la bombe et à en exposer une reproduction en taille réelle. Pas de ressentiment anti-américain mais un message fort pour la dénucléarisation et la paix avec un slogan qui revient : « Pour que Nagasaki soit la dernière bombe atomique utilisée ».

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Un temple confucéen, témoin de la présence chinoise

Avec ses airs méditerranéens, Nagasaki est vraiment une ville à part au Japon. Son histoire nous rappelle qu’elle a été le point de contact avec l’Occident pour le meilleur et pour le pire… Aujourd’hui, beaucoup est fait pour attirer les touristes. Dans le tramway, les annonces sont faites en Chinois, Coréen et Anglais en plus du Japonais pour indiquer quelles directions prendre vers les principales attractions. D’immenses navires de croisière venus de Chine principalement s’imposent en plein centre ville. La présence d’un petit quartier chinois n’y est sans doute pas pour rien ! Un peu plus au nord, un grand parc à thème sur la Hollande a été construit, Huis Ten Bosch. Nous y passons en train en apercevant un grand hôtel et un beffroi très bien reconstruit rappelant l’Europe du nord. L’ouverture sur le monde de Nagasaki passe désormais par le tourisme et le divertissement.

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