Japon #13 : Naoshima et Teshima

Famille, Voyages

Quatre jours sur ces îles hors du temps, quatre jours superbes, entre art moderne et plage, entre expériences sensorielles et découverte de la subtilité et de la délicatesse japonaises.

DSC_0503

Teshima Art Museum

Les îles de la mer intérieure du Japon entre Honshu et Shikoku étaient auparavant dédiées à l’industrie, du sel ou autres. Encore aujourd’hui, elles sont marquées par ces occupations humaines. Le but étant de préserver Honshu. Puis, dans les années 90, la crise passe et laisse la plupart des habitants désœuvrés. Un entrepreneur japonais, Fukutake, prend alors l’initiative de faire sur ces îles des écrins, plus que des musées, pour de l’art moderne. Il s’allie avec Tadao Ando, entre autres architectes, pour faire des sites exceptionnels sur trois îles : Naoshima, Teshima et Inujima.

Et parfois, au détour d’un regard, une œuvre posée là, dans un coin de rue ou de port…

Aujourd’hui, beaucoup de touristes passent par les îles, que ce soient des Japonais ou des étrangers. Les infrastructures ne sont pas toujours au point, mais ça ne démotive personne!

Ici, aucune photo n’est autorisé dans les musées ni des bâtiments eux mêmes, souvent. Au début frustrant, j’ai compris ensuite que ça nous permettait de nous plonger uniquement dans la contemplation, sans penser à son cadrage, sa lumière, ou ne pas gêner la photo du voisin… On enlève aussi beaucoup ses chaussures, pour sentir avec les pieds la douceur des sols, ou ne pas faire un bruit devant une peinture. Bien sûr, des photos sont volées, des comportements sont inappropriés (pas mes enfants, en tout cas, dit la mère arménienne), mais la délicatesse japonaise y survit.

DSC_0561

La courge de Kusama

On commence par Teshima et son Art Muséum, qui ne consiste en fait, qu’en une soucoupe a demi enterrée. On y rentre par petit groupe, déchaussé, avec pour consigne de ne pas faire un bruit (et les enfants sont signalés par oreillettes, c’est d’ailleurs le moyen de communiquer principal des agents des musées, même s’ils sont très proches : pas de bruit inutile, ni de voix qui s’élève…). A l’intérieur, de l’eau, des soucoupes et des balles de céramiques blanches, des insectes aussi, parce que la soucoupe est ouverte sur l’extérieur. C’est le silence, chaque petit bruit résonne énormément, l’eau glisse d’une flaque à l’autre, la lumière qui se reflète sur les murs clairs est apaisante, on y resterait des heures, mais la file d’attente est très longue, alors on en part à regret…

DSC_0502

Teshima Art Museum

Après la difficile quête de nourriture sous la chaleur écrasante, on visite la Yokoo house, sorte de maison revisitée artistiquement, qui nous convainc un peu moins. Heureusement, on trouve un petit café spécialisé dans les crêpes à la fraise et à la chantilly, qui accepte de faire des crêpes uniquement au chocolat… tout le monde est content! On reprend le bateau pour Naoshima, pour le plus grand bonheur des enfants!

Le lendemain, on commence l’exploration de Naoshima, avec le Musée Ando : un musée conçu par un architecte pour son œuvre architecturale. Le musée est « caché » dans une maison de plus de 100 ans, sorte de bunker léger, doux et lumineux de béton brut enterré sous la maison. Il y explique ses principaux projets, j’aime beaucoup la maquette de l’église dont la croix est de lumière qui se dessine différemment sur le sol de la nef à chaque minute qui passe.

DSC_0501

Une autre courge de Kusama

Ensuite, on visite les six maisons du Art House Project, six maisons abandonnées et un sanctuaire données à des artistes pour qu’ils les réinvestissent. Le projet le plus beau est sans doute celui des panneaux japonais traditionnels revisités, et le plus troublant celui de la pièce noire, dans laquelle notre vision nocturne se met peu à peu en place pour nous laisser voir un écran blanc, devant lequel nous attendons, pour apprendre que ce n’est qu’un écran de fumé… Le plus amusant, celui des marches de verre du sanctuaire, qui s’enfoncent sous terre.

On passe déjeuner à la maison, puis c’est le Lee Ufan Museum, toujours par Ando, ou les œuvres de l’un se mêlent à l’écrin qu’a conçu l’autre. C’est doux, c’est beau, ça apaise beaucoup. Ensuite on file à la plage pour le plus grand plaisir des enfants!!

Le lendemain, on fait le Chichu Art Museum, où on admire un autre écran de fumé de Turell, dans une ambiance claire, cette fois. On regarde avec amusement les nénuphars de Monet en chaussons, les murs ont été conçus pour répondre aux dimensions des tableaux, et on admire davantage le plafond qui permet d’avoir de la lumière naturelle alors qu’on est plusieurs mètres sous terre…

Et ça nous donne envie de faire des trucs rigolos, nous aussi…

On s’assoit en chaussettes pour admirer l’énorme boule de Walter de Maria, entourée de ces sculptures de bois dorées.

On grignote un sandwich sur le toit terrasse et on enchaîne avec le Benesse House Museum, toujours dans le même esprit. Mais ce bâtiment fait déjà plus musée, notre dernière adore les énormes galets de marbre de Yukana, on s’y étale pour regarder le ciel prisonnier de haut murs de béton brut.

Ensuite de nouveau plage. Le soir, c’est la galère, pas de place au restaurant pour nous (on a trop traîné…). On grignote nos réserves de goûter en dégustant des boissons sucrées disponibles partout dans des distributeurs, et finalement ça va…

Le lendemain, journée de voyage pour aller à Nagasaki. On approche de la fin de notre séjour au Japon.

dav

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s